"Le Grand Echiquier" par Jacques Chancel RTF Paris, France: Pascal Auberson (cinq fois) C'est là que nous avons fait connaissance avec, entre autres, Claude Nougaro, Guy Bedos, Raymond Devos...
ou quand la culture s’invite à 20h30
Conduite par le premier ministre de l’époque, Jacques Chirac, la réforme audiovisuelle amorcée en 1972 permet aux programmes de se diversifier. Le grand échiquier en est un exemple avec cette idée tout bonnement novatrice pour l’époque, celle d’une culture accessible à tous.
Créée et animée par Jacques Chancel, l’émission est diffusée pour la première fois le 12 janvier 1972 à 20h30 sur la seconde chaîne de l’ORTF.
Homme de radio, connu pour ses «Radioscopies» quotidiennes sur France Inter et son émission de divertissements « le Grand Amphi » (1971), Jacques Chancel propose avec « Le grand échiquier », trois heures d’émission en direct, mêlant chansons, débats et conversations, le tout autour d'un invité principal.
L’animateur sait cultiver l'art de la conversation et entretenir l’effet de surprise en faisant venir des artistes rarement invités sur les plateaux comme le compositeur Angelo Branduardi. Pour Jacques Chancel, « il ne faut pas se contenter de donner au public ce qu'il aime, mais lui faire découvrir ce qu'il pourrait aimer».
Une fois par mois, les téléspectateurs suivent donc les conversations animées, mariant artistes de variétés et intervenants de la société civile, scientifiques et hommes politiques.
Dans un décor intimiste et audacieux, habillé de gigantesques toiles, Jacques Chancel lance la «première» aux côtés d'Yves Montand, à l’affiche cette année-là de trois films, dont « César et Rosalie » de Claude Sautet.
Les premières émissions continuent de surprendre et de divertir avec des personnalités comme Claude Nougaro, les Frères Jacques et le jazzman Dave Brubeck depuis New York. Au fil des émissions, les humoristes s’invitent, notamment Raymond Devos qui devient vite un habitué du plateau.
À chaque plateau, Jacques Chancel enchaîne surprises et rencontres, dont celle de Lino Ventura, César, Yves Montand et Georges Brassens, réunis pour la première fois ensemble à la télévision ou celle de l’ l’émission du 25 mai 1980, où l'on voit Maurice Béjart danser pour la dernière fois sur « Faust ».
Après dix-sept ans d’existence, l’émission, diffusée par la suite sur TF1 puis Antenne 2, disparaît de l’écran en 1989.


